
La mort de son animal est une épreuve douloureuse de vie. Le pré-deuil l‘est tout autant. Pourtant, dans le monde professionnel, cette souffrance reste invisible, incomprise ou moquée !!
Un salarié peut arriver au travail après avoir perdu son chien, son chat, son cheval ou un autre animal qui partageait son quotidien depuis des années. Extérieurement, rien ne semble avoir changé. Il est présent à son poste, répond à ses mails, participe aux réunions. Mais intérieurement, il traverse sans doute, une période de tristesse profonde, de fatigue, de culpabilité ou de désarroi.
Pourquoi le monde professionnel a-t-il encore tant de mal à reconnaître ce deuil ?
Le deuil animalier et la productivité au travail
Les collègues ont certainement maladroitement prononcé les phrases du genre: « ce n’était qu’un animal », « ne te rends pas malade » . Ces phrases peuvent suffire à accentuer la souffrance de la personne endeuillée.
De même, comment demander à un salarié d’être performant, efficace? alors qu’intérieurement, c’est le néant.
Le travail ne met pas les émotions sur pause.
Une personne endeuillée peut avoir davantage de difficultés à se concentrer, être moins productive, avoir besoin de s’isoler ou être plus émotive que d’habitude. Certaines personnes peuvent également ressentir une fatigue importante, notamment après plusieurs nuits difficiles ou après avoir accompagné leur animal en fin de vie.
Dans certaines situations, la perte intervient après plusieurs semaines ou plusieurs mois d’accompagnement : traitements, rendez-vous vétérinaires, soins quotidiens, inquiétudes et décisions parfois très difficiles (le pré-deuil). La personne entre dans un état d’épuisement mental et physique.
pourquoi est-il si difficile d’en parler au travail ?
L’une des principales difficultés vient du manque de reconnaissance sociale du deuil animalier.
Un salarié peut hésiter à dire à son manager :
« Je ne suis pas en état de travailler aujourd’hui, mon chien est mort. »
Il peut avoir peur d’être jugé comme trop sensible, peu professionnel ou incapable de relativiser.
Cette crainte conduit parfois les personnes à dissimuler leur souffrance et à continuer à travailler comme si tout allait bien.
Or, faire comme si rien ne s’était passé ne signifie pas que la douleur disparaît.
Au contraire, le manque de reconnaissance peut renforcer le sentiment d’isolement.
Quel rôle pour l’entreprise ?
Reconnaître le deuil animalier ne signifie pas nécessairement mettre en place des dispositifs complexes.
La première étape peut simplement être l’écoute.
Un manager peut simplement être présent et respectueux de ce que vit son salarié et lui demander comment pourrait-il l’accompagner dans cette épreuve.
Ainsi, le salarié aura le sentiment que sa souffrance est entendue et respectée.
J’invite les entreprises à développer une culture d’entreprise plus humaine.